Bibliothèque vivante au bout du fil


04 Mar
04Mar

Pour la journée internationale des droits des femmes, cette année encore Breizh Femmes, Histoires Ordinaires et la Bibliothèque des Champs Libres s'associent pour proposer une Bibliothèque Vivante.

Pour cette nouvelle édition, les conditions sont bien sûr aménagées pour répondre aux contraintes sanitaires. Pas question de proposer des rencontres individuelles, en tête à tête, comme le veut ce type de projet d'ordinaire. C'est donc par téléphone que cinq femmes de la région rennaise partageront, l'espace d'une conversation d'une quinzaine de minutes, ce qui les anime dans leurs engagements associatifs ou professionnels.


Une bibliothèque vivante ne contient pas de livres en papier, les livres sont des personnes et les chapitres des expériences de leur vie. Au bout du fil, celles et ceux qui appelleront le numéro dédié - 02 23 40 66 17 - le vendredi 12 mars entre 14h et 17h 30, entendront les voix d'Anne, de Nasrine, de Lise, d'Huguette ou encore de Marie-Françoise, des "femmes actives et engagées".

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Présentation des participantes 

Anne ou donner la parole aux discrètes

Pendant trois ans, elle a écouté et recueilli les confidences de « femmes ordinaires  » dans toute la Bretagne. Agnès, Madeleine, Paule et les autres étaient agricultrice, institutrice, femme de chambre, marchande de cochons, patronne de bistro, ouvrière chez Citroën ou femme de marin, toutes nées à la fin des années vingt dans des familles modestes, peu instruites, n’existant que comme « prolongement utilitaire des parents », suffisantes aux titres de « filles de », puis « femmes de  ». Son livre « Les Discrètes  » (éditions Ouest France) raconte leur histoire en mêlant les voix de l'autrice et de ses héroïnes. 

Huguette ou accompagner quand la vie s'achève

Il est des sujets plus difficiles à aborder que d’autres : la mort,
le deuil... Huguette fait partie d’une association qui propose un accompagnement aux personnes gravement malades et/ou très âgées en fin de vie. Des bénévoles qui accompagnent aussi les familles, les amis, les collègues... Présence, écoute, solidarité sont leurs valeurs communes 

Lise, celle qui appelle ses patients des "actients"

Lise est spécialisée dans le traitement des cancers de la peau. Son quotidien se partage entre le suivi et l'accompagnement de patients, la recherche de nouvelles pistes de traitements efficaces, et l'enseignement à la faculté de médecine de Rennes. Quand ses enfants sont couchés et que la journée a été dure en émotions, c'est en jouant de la musique qu'elle se ressource, puis elle repart le lendemain matin pleine d'énergie pour faire le maximum pour chacun de ses patients, qu'elle appelle des "actients". En 2019, elle est fière d'avoir monté, en partenariat avec une équipe d'enseignants motivés, une nouvelle matière à la faculté, la santé psychosociale en médecine : bien se connaître pour mieux soigner. 

Marie-Françoise, entre l'égalité femmes/hommes en mathématiques et l'auto-développement du Niger

A 70 ans, professeure émérite, si Marie-Françoise  regrette que trop peu de femmes trouvent leur place encore aujourd'hui dans les métiers scientifiques, elle ne veut pourtant pas se poser en modèle. « J'ai eu de la chance ; à l'époque, on avait des postes facilement. Moi, j'avais mes deux enfants à 24 et 26 ans parce que j'avais eu mon premier poste à 22 ans. Ça n'existe plus ! » Quand elle se compare aux jeunes mathématiciennes d'aujourd'hui c'est pour déplorer une évolution trop lente du nombre d'étudiantes dans les filières scientifiques mais aussi pour compatir aux difficultés de celles qui s'y engagent... C 'est en qualité de mathématicienne et avec son mari et leurs deux enfants, qu'elle a vécu deux ans au Niger au début des années 80. Son lien profond avec ce pays et quelques solides amitiés ont débouché sur la création du collectif associatif Tarbiyya Tatali. Elle s'engage pour l'auto-développement du peuple nigérien, défendant l'idée qu'on « peut apporter une aide mais pour des projets qu'ils choisissent eux-mêmes ». Elle est à l'origine d'une coopération décentralisée entre la commune rurale de Dankassari au Niger et Cesson-Sévigné où elle réside.

Nasrine, pour l'éducation et la formation des filles en Afghanistan

Ancienne professeure de l’université de Kaboul, Nasrine arrive en France en 1990 avec mari et enfants à cause de la guerre ; un départ à contre cœur, mais teinté d’espoir.
À travers des conférences et des échanges, elle parle de l’histoire riche et mouvementée de l’Afghanistan mais aussi de l’éducation des enfants afghans. En 1996, quand elle apprend la fermeture des écoles de filles dans son pays, elle crée une association pour les soutenir. En 2003, l’association construit et inaugure le premier établissement scolaire de filles à Estalèf ; aujourd’hui, cet établissement devient lycée avec 600 filles, encadrées par une directrice et 22 enseignantes. La plupart des bachelières de l’établissement continuent leurs études supérieures à Kaboul. L’année dernière, l'association a réalisé un projet vital : le forage d’un puits profond au sein d’une école de filles. Des missions difficiles et risquées, mais qui renforcent son enthousiasme et sa détermination.





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