Une force collective


11 Mar
11Mar


Comme son nom l’indique leur projet pour le mois de mars était d’abord et surtout une œuvre collective. Alors, la Ko Compagnie a dû s’adapter pour transformer le rassemblement chanté ¡Colectiva ! prévu avec plusieurs centaines de participant-es en propositions numériques.


« On n’a pas du tout envie que tout soit réduit à la culture derrière l’écran » déplorent Corine Ernoux, cheffe de chœur sur le projet et Solène Cailleau, chargée de production de la Ko Compagnie. Le projet qu’elles avaient imaginé avec une petite équipe de professionnelles et d’amatrices devait voir le jour le samedi 6 mars à Rennes, place de la Mairie, puis revenir le lendemain dans le cadre des Tombées de la Nuit. Plus de trois cents personnes depuis décembre s’étaient préparées pour reprendre ensemble les airs latino-américains choisis pour porter haut les luttes féministes. D’ailleurs souligne la cheffe de chœur, le sous-titre de la compagnie est assez explicite ; ce sont bien de « spectacles à chœurs ouverts » qu’il est question.


Participatif, le spectacle ¡Colectiva ! devait donc l’être. Et l’a été finalement, mais d’une autre façon. « C’est quand même une chance pour nous d’avoir pu créer l’étape 1 du projet » rappelle l’artiste qui énumère les partenaires et notamment les Tombées de la Nuit et Rennes Métropole, mais aussi les différents supports proposés aux personnes inscrit-es : la radio Sin Medio, des répétitions filmées ¡Colectiva ! « une force », la web-série « Nous sommes ». Autant d’adaptations imaginées pour travailler à distance, avec des rendez-vous réguliers chaque dimanche en fin d’après-midi, et qui sont aujourd’hui en ligne, accessibles gratuitement.


Une soupape joyeuse dans le quotidien


Si l’objectif premier était de transmettre des chants destinés à être interprétés ensemble dans l’espace public pour ce mois de mars dédié aux droits des femmes, Corine Ernoux et Solène Cailleau soulignent que le projet à tout de même permis de créer une « force collective » appréciable en ces temps où sont privilégiés le confinement et l’isolement.


« Il y a des personnes avec qui on chante dont on sait à quel point cette rencontre hebdomadaire fut une soupape dans le quotidien, une façon de sortir de chez soi, quelque chose de joyeux » insiste-t-elle. Et puis, le fait d’être à distance a aussi permis d’intégrer des personnes plus éloignées géographiquement.


Après cet hiver de semi-confinement, la compagnie s’apprête à aborder une nouvelle saison durant laquelle, elle ignore si des spectacles pourront avoir lieu. Mais les créatrices ne baissent pas les bras ; « on a envie de ce jour où on pourra enfin créer ces événements qu’on attend tellement ! » Difficile en effet de se projeter en ce moment pour une compagnie qui prend sa source dans les grands rassemblements.


Une compagnie pour porter la question des droits humains


Créée en 2019, la Ko Compagnie est née du projet Soror qui déjà en 2018 réunissait au cœur de Rennes une foule chantante puis ce fut l’hymne des femmes entonnés par six cents personnes au stade de la route de Lorient à l’occasion de la coupe du monde de football féminin. Pour Corine Ernoux, ces grands rendez-vous ont été le déclic : « j’ai eu besoin – dit-elle – de créer une nouvelle compagnie pour porter d’autres projets personnels où la question des droits humains de façon globale (droits des femmes et droits des enfants notamment) est très présente ».


Le message de la web-série Nous sommes est simple : «  jouer avec la réalité ambiante pour démontrer que l’humour, l’art et la poésie restent des piliers invincibles, sources de joie et d’énergie capables de déplacer des montagnes ». Elle permet de mettre en scène de nombreuses équipes artistiques, dans des lieux culturels de Rennes et des alentours. Une façon pour la Ko Compagnie d’éclairer des « collectifs foisonnants, actuellement empêchés dans leur pratique artistique et leur relation au public ». 


Le dernier épisode sera en ligne le dimanche 14 mars. On y verra un groupe de femmes se mobilisant pour créer un événement musical ; un peu l’histoire de la Ko Compagnie, finalement ! « Nous sommes une force collective sans peur ! » disent mis bout à bout les trois titres des actions menées par la Ko Compagnie autour des droits des femmes. On y entend toute la détermination qui forge les luttes féministes.


Geneviève ROY


photo de Gérard Payelle – tournage d'un épisode de la web-série aux Ateliers du Vent à Rennes

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